lundi 16 juillet 2018

Pourquoi nous devrions encourager l'apprentissage des langues étrangères modernes

La facilité chez les enfants, explications par Stéphane Demazure

 

On dit souvent que les enfants acquièrent rapidement de nouvelles compétences, que leur cerveau est comme des éponges et qu'ils absorbent l'information plus rapidement, indique Stéphane Demazure. On a aussi l'impression qu'il est plus facile d'apprendre une langue quand on est jeune et qu'il est plus probable que l'on parle couramment si l'on commence tôt.

Les scientifiques du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et du Boston College se sont mis à l'épreuve. A partir des données recueillies auprès de près de 670 000 apprenants de langues, ils ont établi que la "période critique" pour apprendre la grammaire d'une nouvelle langue et atteindre une "compétence similaire à celle d'un locuteur natif" est jusqu'à l'âge de dix ans.

Les chercheurs ont testé la compréhension de la grammaire anglaise chez des personnes d'âges différents, qui en étaient à différents stades d'apprentissage de l'anglais et qui avaient commencé à apprendre la langue à différents moments de leur vie. Stéphane Demazure précise qu'ils ont constaté qu'après l'âge de 17 ou 18 ans, les gens sont moins capables d'apprendre la langue.

Les enfants de plus de dix ans apprenaient encore bien la langue mais avaient moins de temps pour devenir compétents avant que leur capacité à maîtriser la grammaire ne diminue.

Pourquoi est-il plus facile pour les enfants d'apprendre les langues ?

Il semble intuitif que les enfants apprennent les langues plus facilement, mais y a-t-il une raison pour laquelle c'est le cas ? Alors que la question du " pourquoi " n'était pas une question à laquelle la recherche du MIT a été conçue pour répondre, les chercheurs ont suggéré deux facteurs qui pourraient jouer un rôle - les " changements dans la plasticité du cerveau " et les " facteurs culturels " tels que les changements qui se produisent souvent dans la vie des gens à partir de l'âge de 17 ou 18 ans, explique Stéphane Demazure.

Au cours des années de formation, les enfants absorbent facilement l'information. Si un environnement d'apprentissage linguistique immersif (ex : école bilingues, parents qui parlent deux langues différentes illustre Stéphane Demazure) est créé, ils seront en mesure de " vivre " cette langue plutôt que de simplement l'apprendre. Cette façon d'apprendre n'est pas seulement plus efficace et réaliste en termes de rétention, elle aide aussi les jeunes apprenants à comprendre pleinement la culture d'une langue.

Tracey Chapelton, enseignante au British Council, suggère que les enfants sont plus ouverts à l'expérimentation et qu'en étant exposés à une autre langue à un âge précoce, ils " récoltent les bénéfices de l'expérimentation de cette langue comme une partie naturelle de leur développement ". Chapelton cite également une étude du Dr Patricia Kuhl qui a identifié la capacité des bébés à s'adapter à chacun des sons d'une langue ; une capacité qui décline lorsque notre langue maternelle commence à s'établir et que nous devenons des " écoutants liés à la culture ".

Usage et perte de la langue étrangère

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Une telle recherche fournit un aperçu fascinant de la science et de la psychologie de l'apprentissage des langues et fournit un argument fort pour encourager les sujets de langue à l'école, pour développer des générations de bilinguistes, voire de multilinguistes, précise Stéphane Demazure.

Mais au-delà de la salle de classe, l'apprentissage des langues devrait se poursuivre, non seulement pour l'amélioration continue, mais aussi pour maintenir les avantages qu'apporte le fait de parler une langue. Il ne s'agit pas seulement d'extraire du sens de la parole ou de l'écrit d'une autre langue, il s'agit de comprendre et de se relier à la culture, aux nuances et aux expressions de cette langue. Après tout, les gens n'apprennent pas une langue en lisant un dictionnaire.

La pratique, une fois les bases bien acquises, reste le moyen le plus ludique et le plus efficace pour progresser et maintenir son niveau en langue étrangère.
Une étude du British Council a révélé que près des trois quarts (73 %) des adultes interrogés au Royaume-Uni estiment que parler une autre langue est une compétence importante, mais 75 % ont déclaré qu'ils avaient perdu la plupart de leurs compétences linguistiques dans l'année suivant la fin de leurs études.

L'importance de l'apprentissage des langues

Il est important de donner aux enfants la possibilité de parler plus d'une langue et de les encourager par le biais d'outils d'apprentissage des langues qui rendent l'apprentissage passionnant, amusant et familier (ex: tablettes et applis pour enfants). Cela pourrait leur donner une base de compétences dont ils pourraient avoir besoin pour devenir une perspective attrayante pour les futurs employeurs qui opèrent sur un marché mondial.

Cela pourrait également ouvrir des possibilités de vivre et de travailler dans d'autres pays et d'acquérir des expériences qu'ils n'auraient peut-être pas eues autrement, indique Stéphane Demazure. Enfin, cela pourrait élargir leurs horizons et leur donner une compréhension et une appréciation d'autres cultures qui leur seront utiles dans la société multiculturelle dans laquelle nous vivons et travaillons tous.

Dans tout cela, les adultes bénéficient également de l'apprentissage des langues. Ce qui est commencé à l'école devrait se poursuivre plus tard dans la vie afin de garder ces options ouvertes. Un employé d'une entreprise internationale peut encore bénéficier d'une amélioration ou d'un renforcement des compétences linguistiques, via notamment des formations. Beaucoup de ceux qui le font, trouvent qu'il permet des conversations plus enrichissantes au travail avec les collègues, les clients et les fournisseurs qui peuvent mener à de meilleurs résultats.

Il est regrettable que les langues soient perdues après l'enseignement général. Un sentiment partagé par 58 pour cent des adultes inclus dans l'enquête du British Council qui ont déclaré qu'ils auraient souhaité ne pas laisser échapper les compétences linguistiques de leurs jours d'école.

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mardi 26 juin 2018

Le visa pour aller aux Etats-Unis expliqué par Stéphane Demazure

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Comment obtenir un visa pour les États-Unis ? Réponse par Stéphane Demazure

Pourquoi faire une demande de visa pour les États-Unis ?

Vous comptez vous rendre aux États-Unis pour une longue période et nécessitez un visa? Les démarches administratives vous effraient? Pas de panique ! Stéphane Demazure vous explique comment la demande de visa en ligne vous simplifie la vie. Chaque année, nombreux sont les individus qui reçoivent un visa pour se rendre aux États-Unis.

Cela peut être pour du tourisme, rendre visite à des amis ou de la famille, travailler, étudier pour perfectionner votre anglais, bénéficier de soins médicaux, assister à des réunions d'affaire ou juste faire du shopping, précise Stéphane Demazure par ces quelques exemples.

Une procédure simplifiée

Parmi toutes ces personnes, beaucoup d'entre elles ont pour point commun d'avoir fait leur démarche de demande de visa en ligne, précise Stéphane Demazure.

D'après de nombreux clichés, faire une demande de visa est long et fastidieux, ce qui peut en décourager certains de voyager. C'était certainement le cas avant, mais maintenant, la procédure s'est simplifiée grâce à Internet puisque l'on peut faire sa demande de visa pour les Etats-Unis directement en ligne sans besoin de se déplacer dans telle ou telle administration. Stéphane Demazure vous explique comment procéder :

Stéphane Demazure vous explique la procédure

Il vous faut tout d'abord vous rendre sur le site Internet du centre consulaire de demandes en ligne du département d'état. Il vous suffit pour cela de cliquer sur le lien précédemment indiqué par Stéphane Demazure. Ensuite, il vous faut suivre le lien vers le formulaire DS-160, pour une demande online de visa non-immigrant vers les États-Unis. Vous accédez à un menu déroulant où vous choisirez la ville et le pays où vous allez déposer votre demande de visa. Vous pouvez alors commencer votre demande.

Il vous sera alors demandé de choisir une question et une réponse de sécurité via un menu déroulant et un formulaire libre. Pensez à noter précieusement votre numéro d'identifiant (10 caractères mélangeant chiffres et lettres) car vous en aurez besoin par la suite, précise Stéphane Demazure. Une fois ceci fait, vous êtes fin prêt à effectuer la demande en bonne et due forme. Vous seront demandés divers renseignements sur vous, votre famille ainsi que le motif de votre séjour et d'autres points-clés.

Soyez vigilant, indique Stéphane Demazure : vous devez répondre à toutes les questions sans exceptions, sinon votre demande ne sera pas valide ou prendra du retard. Si vous êtes étudiant comme Stéphane Demazure, votre établissement devra vous fournir le formulaire I-20 ainsi que le reçu de paiement SEVIS.

Une fois les frais de visa payés, suivez les instructions disponibles sur le site de l'ambassade des États-Unis ou du consulat où vous déposerez votre demande. Ainsi, en un rien de temps, vous pourrez confortablement de chez vous effectuer la demande depuis Internet pour pouvoir vous rendre aux États-Unis en toute sérénité!

Informations supplémentaires

Pour obtenir les informations les plus fiables sur les visas et les démarches qu'il vous faut suivre, Stéphane Demazure vous invite à visiter le site de l'ambassade des États-Unis ou du consulat ou bien le site suivant : usvisas.state.gov

vendredi 15 juin 2018

Comprendre les faux-amis en traduction avec Stéphane Demazure


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Les faux-amis expliqués par Stéphane Demazure
Si vous vous intéressez aux langues étrangères, vous avez sûrement entendu parler de ce que l'on appelle les "faux-amis".

Ceux-ci peuvent entraîner des erreurs voire des contre-sens dans une traduction. Il convient alors de bien les repérer et savoir de quoi il s'agit.

Stéphane Demazure nous propose d'en apprendre plus.

La définition du faux-ami

Il ne s'agit pas là d'un ami étranger qui vous trahit, même si le terme pourrait s'y apparenter. En langue étrangère et surtout en traduction, on parle de "faux-ami" lorsque deux termes de langues différentes se rapprochent à l'écrit mais n'ont pas du tout le même sens.

Distraction ou non-connaissance du terme peuvent ainsi mener un traducteur à commettre une grave erreur dans son travail s'il traduit le faux-ami tel quel.

En effet, rappelle Stéphane Demazure, un faux-ami n'est pas un terme qui s'emploie de la même façon dans les deux langues, c'est tout l'inverse. Le sens différant complètement, il est donc important de connaître les faux-amis dans les langues étrangères dans lesquelles vous travaillez si vous êtes traducteur ou interprète par exemple.

Quelques exemples par Stéphane Demazure

L'anglais étant la langue la plus plébiscitée chez les traducteurs francophones, Stéphane Demazure propose de connaître quelques faux-amis de la langue de Shakespeare afin de ne pas se faire avoir.

Ainsi, si l'on dit "library" en anglais, il ne s'agit pas en français de la boutique où se vendent les livres mais d'une bibliothèque où l'on se contente de les emprunter.

Autre exemple : "figure" se traduit par "chiffre", ce qui n'a donc rien à voir avec le visage comme la figure d'une personne en français, indique Stéphane Demazure.

Par ailleurs, certains termes faux-amis sont des raccourcis de mots plus longs: on trouve par exemple "vent" en anglais pour désigner "event" et donc évènement. Le vent qui souffle se traduira quant à lui par "wind" ; deux mots qui n'ont donc aucune ressemblance !

Si vous devez remplir un formulaire lors d'un voyage dans un pays anglophone ou à l'aéroport, sachez que "surname" en anglais n'est pas votre surnom (il s'agira de "nickname pour cela). Le "surname" désigne en vérité le nom de famille, parfois traduit par "second name" également, et plu parlant pour les francophones.

Dernier exemple proposé par Stéphane Demazure, bien qu'il en existe plein d'autres dans d'autres étrangères : "store" en anglais ne désigne pas ce qui ne laisse pas entrer la lumière. Il s'agit du terme pour "magasin". Le store que l'on installe à sa fenêtre sera traduit en anglais par "blind, shade" ou "shutters" selon le contexte.

vendredi 1 juin 2018

Peut-on apprendre plusieurs langues à la fois ?


Vous êtes passionné de langues étrangères et/ou étudiant dans ce domaine ? Vous avez alors sûrement l'ambition de connaître, en plus de votre langue natale, plusieurs autres langues. Stéphane Demazure aborde aujourd'hui une question que certains se sont peut-être déjà posée : est-il possible d'apprendre plusieurs langues étrangères en même temps?

Pourquoi apprendre deux langues à la fois

Pour certains, c'est une question de gain de temps. Pour d'autre, c'est un challenge linguistique et pédagogique à relever, indique Stéphane Demazure.
Dans tous les cas, il existe plusieurs raisons qui peuvent inciter quelqu'un à vouloir apprendre deux ou trois langues à la fois. L'amour de l'apprentissage des langues est également un bon argument pour vouloir se lancer dans cette démarche un peu insolite.

Qui peut apprendre plusieurs langues à la fois ?

Si vous êtes débutant

Si vous apprenez une langue étrangère pour la première fois (généralement, l'anglais) ou que vous vous y remettez après une longue période d'absence, Stéphane Demazure ne recommande pas d'essayer d'en apprendre plusieurs à la fois. Toutefois, rien ne vous empêche de tenter l'expérience !

Chacun est différent et possède des moyens différents d'apprentissage. Toutefois, sachez que la tâche s'avèrera plus ardue et qu'il est vivement conseillé de ne s'atteler qu'à la première langue étrangère pour la maîtriser. En effet, les structures mentales linguistiques sont plus fragiles que chez les personnes bilingues.
Le TOEFL, une référence rappelle Stéphane Demazure


Par ailleurs, si vous préparez un concours comme le TOEFL pour l'anglais ou un examen universitaire, ne vous lancez pas dans une autre langue en parallèle ! Stéphane Demazure vous conseille de consacrer tout votre temps libre et votre motivation à l'anglais (dans notre exemple) afin de réussir le concours haut la main. De même, si vous avez déjà appris des langues mais que vous avez oublié une bonne partie, il est conseillé de reprendre avant de se lancer dans l'expérience d'un apprentissage multi-linguistique.

Si vous connaissez déjà plusieurs langues

Il est souvent énoncé que connaître déjà une ou deux langues peut aider à en apprendre d'autres, ce qui est en grande partie vrai, confirme Stéphane Demazure. En effet, votre cerveau étant élastique, il arrive à intégrer comment mémoriser du vocabulaire, s'adapter aux différentes prononciations, retenir les règles de grammaire etc. Pour autant ne croyez pas que vous apprendrez une nouvelle langue en un claquement de doigts, surtout si vous en étudiez plusieurs à la fois. Voyons maintenant quelques conseils à suivre si vous souhaitez apprendre plusieurs langues à la fois :

La marche à suivre, conseils de Stéphane Demazure

L'un des premiers conseils prodigués par Stéphane Demazure est le suivant : ne pas apprendre deux langues trop proches. Exemple : évitez d'apprendre l'espagnol et l'italien ou l'allemand et le néerlandais ensemble. En revanche, pourquoi pas l'allemand et l'espagnol? Tout simplement pour éviter de confondre la syntaxe et surtout le vocabulaire des deux langues. Cependant, sachez que l'on peut malheureusement également mélanger deux langues radicalement différentes ! Pour autant, cela n'est pas dramatique, vous rassure Stéphane Demazure.
Il ne s'agit que d'une question de temps et d'apprentissage. Plus vous apprendrez, au moins vous confondrez ; en d'autres termes, c'est surtout le début de l'apprentissage qui peut laisser libre cours à la confusion.

Le deuxième conseil est consacré à la mémorisation : pour ne pas oublier (puisque vous aurez moins de temps à consacrer à chacune des langues individuellement parlant), il est crucial de pratiquer le plus régulièrement possible, précise Stéphane Demazure. Inutile donc de faire 4h d'allemand le lundi puis plus rien jusqu'au samedi. Mieux vaut faire une heure chaque jour avec une journée de pause pour laisser au cerveau le temps d'assimiler et de se reposer entre plusieurs séances ! Par ailleurs, l'oubli n'est pas forcément une fatalité : on peut oublier quelques bribes d'une langue, mais cela revient vite. Il suffit de se remettre à pratiquer, d'écouter des films ou la radio, des lire des livres ou magasines…et par exemple certains mots ou tournures de phrases vous reviendront en tête une fois contextualisés, comme l'indique Stéphane Demazure.

Au niveau organisationnel, libre à vous de vous structurer dans votre apprentissage. Certains préfèrent pratiquer la langue 1 le matin et la deuxième le soir. D'autres préfèrent tout étudier en même temps en s'accordant "le moment linguistique de la journée" indique Stéphane Demazure. Bien entendu, selon votre langue maternelle ou celle que vous connaissez déjà, l'une ou l'autre des langues pourra vous sembler plus simple à intégrer. Dans ce cas n'hésitez pas à consacrer davantage de temps à celle qui vous pose le plus de difficulté afin d'équilibrer votre apprentissage, conseille Stéphane Demazure.

Enfin, une dernière astuce : essayer d'apprendre des langues que vous êtes sûr de pratiquer à l'avenir que cela soit au cours de voyages, d'études ou de marché du travail. Vous serez ainsi certain de ne pas avoir à continuer à l'apprendre durement en continu et pouvoir pratiquer ce que vous acquerrez au fur et à mesure. Vous pouvez par exemple choisir la langue d'un pays proche au votre (espagnol ou allemand pour la France, coréen ou chinois pour le Japon, polonais pour l'Allemagne…), si vous avez un ami/compagnon/compagne natif de la langue ou si vous vous intéressez fortement à la culture d'un ou plusieurs pays en particulier.

jeudi 3 mai 2018

Qu'est-ce qu'une traduction assermentée ? Explications par Stéphane Demazure

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Stéphane Demazure vous explique la traduction assermentée
Lorsque l'on parle de langues étrangères et de traduction, il arrive parfois que le terme "assermenté" soit employé pour parler d'un travail de traduction.

Mais qu'en est-il exactement ? Qu'est-ce qu'une traduction dite assermentée et comment être traducteur assermentée? Dans quel cas est-elle nécessaire ? Plusieurs questions auxquelles Stéphane Demazure propose des éléments de réponse.

Quelle différence entre une traduction classique et une assermentée?

Dans le cas d'une traduction assermenté, le professionnel à l'origine du travail a préalablement prêté serment devant un tribunal. Il appose son cachet sur la traduction final en guise de preuve de traduction assermentée.

Il s'agit donc d'une traduction certifiée, indispensable pour certains documents administratifs tels que les actes de mariages, les extraits de la Chambre de Commerce, les documents professionnels (CV, lettres de motivation, attestations de stage) ou encore les documents scolaires ou universitaires (diplômes), indique Stéphane Demazure.

Le domaine médical peut également être concerné par le recours à la traduction assermentée, comme avec des analyses sanguines par exemple. Le type de clientèle d'un traducteur assermenté se compose donc de notaires, comptables, professionnels du droit…mais aussi de particuliers comme quelqu'un qui souhaiterait faire traduire ses papiers d'état civil.

Particularités de cette traduction

La traduction assermentée se reconnaît facilement, indique Stéphane Demazure, car elle comprend une déclaration "certifié conforme à l'original" accompagnée de la signature et du tampon du traducteur à l'origine du document traduit. Cette déclaration comprend les nom et prénom du traducteur, une mention "traducteur-juré"et les langues pour lesquelles le traducteur est assermenté.

Doivent être également mentionnés qu'il s'agit d'un document traduit ainsi que la langue d'origine. En termes de mise en pages, ces dernières sont paraphées et numérotées. La fin du document est également indiquée, afin d'éviter le risque d'éventuels ajouts frauduleux, précise Stéphane Demazure. En revanche, une photocopie d'un document de traduction assermenté n'a aucune valeur officielle. Il est donc crucial de bien garder l'original au risque de devoir refaire appel à un autre, ou au même traducteur assermenté.

En revanche, il n'existe pas de période "de péremption" pour une traduction assermentée. Celle-ci est un document valable à vie, à l'exception de certains documents d'état civil.

Enjeux de la traduction assermentée, rappelée par Stéphane Demazure

Outre l'enjeu juridique de la traduction assermentée, cette dernière présente plusieurs difficultés pour le traducteur. Connaître les formules juridiques dans la langue cible est indispensable dans un souci de cohérence, de crédibilité et de compréhension, rappelle Stéphane Demazure. Ainsi, si la technique du "calque" (notamment via l'usage d'outils d'aide à la traduction) peut être appliquée dans certains cas, elle est à proscrire pour la traduction assermentée.

Un petit exemple de l'anglais vers le français : "With alla advantages thereto pertaining" ne se traduira jamais par " avec tous les avantages à cela appartenant" (ce qui, au passage ne veut rien dire, constate Stéphane Demazure) mais par la formule fréquemment employée dans le document juridique "Pour faire valoir ce que de droit".

Attention également aux faux-amis (qui fera l'objet d'un prochain article sur le présent blog) qui ont un enjeu encore plus important dans la traduction assermentée. Des recherches thématiques et une excellente connaissance du domaine (médical, juridique, professionnel, financier etc) sont également nécessaires pour parvenir à comprendre le document source et le retranscrire correctement dans la langue cible.

Une autre difficulté abordée par Stéphane Demazure est de trouver des équivalents à des institutions qui existent dans un pays mais pas dans un autre. Le traducteur peut d'ailleurs se poser la question de savoir s'il faut traduire le nom de l'institution ou la laisser telle qu'elle, dans la langue d'origine. Face à ce dilemme, plusieurs traducteurs font le choix de mettre les deux appellations : le nom de l'institut en langue source avec entre parenthèses la traduction la plus exacte possible du nom de cette institution.

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Une langue ne correspond pas forcément à un pays, rappelle Stéphane Demazure

Enfin, une même langue peut être employée dans divers pays, ne serait-ce que le cas de l'anglais avec le Canada, l'Australie, les États-Unis, le Royaume-Uni ou l'espagnol avec l'Espagne et l'Amérique Latine. Il convient de bien faire attention au pays de provenance du document à traduire, précise Stéphane Demazure. En effet, les tournures peuvent différer, sembler plus naturelles d'un pays à un et les modèles de documents ne sont pas toujours les mêmes.

Pour terminer, attention à ne pas tomber dans certains pièges de la traduction en général comme la traduction de dates ou l'adaptation de monnaie (un euro n'étant pas égal à un dollar, il convient de faire la recherche pour transposer).

mercredi 25 avril 2018

Le processus de traduction en 5 étapes

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Les étapes de la traduction présentées par Stéphane Demazure

Usuellement, les traducteurs (indépendants comme en agence) procèdent via différentes étapes, et plus précisément 5 étapes afin de réaliser une traduction. En effet, ils savent que s'ils ne respectent pas plusieurs étapes méthodiques, leurs traductions ne seront pas toujours à la hauteur. Stéphane Demazure vous propose de découvrir ces 5 étapes de la traduction :

Pourquoi procéder par étapes ?

Le fait est que la traduction est une tâche exigeante sur le plan mental (toujours viser la haute qualité), voire même un défi suivant le type de traduction à réaliser. Si exigeant qu'un processus de traduction complet et discipliné est nécessaire pour bien le réaliser. Voilà pourquoi, rappelle Stéphane Demazure, les 5 étapes du processus de traduction sont nécessaires pour parvenir à un résultat satisfaisant et pour le traducteur et pour le client final.

Première étape : l'aperçu

La première étape consiste à délimiter le texte à traduire. C'est-à-dire, le sujet et le contenu, sa longueur, le style de rédaction, s'il est technique, les différentes sections, etc. Le traducteur lit ou écréme des parties du texte pour se faire une idée du contenu.
Il peut noter les concepts ou la terminologie clés qui devront faire l'objet d'une recherche et décider s'il est nécessaire de faire des lectures préliminaires. Parfois, les traductions des termes clés seront recherchées et résolues avant de commencer la traduction.

Deuxième étape : la traduction initiale

Au cours de cette étape, le document est systématiquement traduit, généralement en morceaux de 5 à 10 mots à la fois. Stéphane Demazure souligne qu'il est important de choisir la longueur appropriée des morceaux de texte individuels à traiter.

Idéalement, chaque morceau sera une unité de signification discrète et complète. Mais il doit aussi être assez court pour être retenu dans la mémoire à court terme, et tout ce qui dépasse 10 mots peut s'avérer difficile à mémoriser.

Les phrases sont souvent plus longues que cela, de sorte qu'elles sont généralement décomposées en unités plus courtes. Travailler avec des morceaux trop courts ou des unités de signification non discrètes tend à produire une traduction non naturelle et potentiellement peu claire, alors que des morceaux trop longs pour être facilement mémorisables risquent d'être oubliés dans la traduction. Il faut donc trouver un juste milieu lorsque l'on décompose le texte, ce qui n'est pas toujours simple !

Troisième étape : la vérification de la précision

Une fois la première ébauche terminée, le traducteur travaillera méthodiquement à travers sa traduction en comparant chaque morceau de texte avec le texte original (appelé "texte source" rappelle Stéphane Demazure).

Le but premier ici est de confirmer qu'aucun contenu n'a été oublié et qu'aucune signification n'a été mal interprétée (le contre-sens étant l'un des pires ennemis du traducteur). La plupart des traducteurs identifieront et amélioreront également toute formulation légèrement artificielle ou inélégante à cette étape.
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Quatrième étape : se dégager l'eprit

Cette étape présentée par Stéphane Demazure est très simple : mettre la traduction de côté et faire une pause. Idéalement, cela devrait durer quelques heures voire même toute la nuit. L'idée est purement d'éclaircir l'esprit pour assurer une cinquième et dernière étape plus efficace.

Cinquième étape : la relecture finale

Dans l'étape finale, le traducteur relit la traduction, cette fois sans référence au document source, en regardant uniquement la qualité de l'expression. Il n'est ainsi pas influencé par la grammaire ou les éventuels faux-amis de la langue source.
Le traducteur se concentre sur le texte traduit dans la langue cible afin de s'assurer qu'il ne ressemble pas à une traduction mais à un texte "normal". Les révisions finales seront effectuées pour affiner et "peaufiner" le texte traduit.

Est-ce que tous les traducteurs suivent ce processus ? Réponse par Stéphane Demazure

Soyons honnêtes : En un mot, non.

Les traducteurs professionnels apprennent cette méthodologie en 5 étapes dans le cadre de leurs études supérieures de traduction. Fondamentalement, sans cette formation formelle en traduction (comme la suit Stéphane Demazure dans le cadre de ses études), il est peu probable que quelqu'un adopterait instinctivement ces étapes ou en comprendrait le besoin.

Il n'est donc pas surprenant que des traducteurs non formés utilisent fréquemment des processus qui non seulement ne sont pas les meilleures pratiques, mais qui ne sont pas suffisamment robustes et fiables pour surmonter les difficultés inhérentes au processus de traduction.
 Ils sont souvent parfaitement inconscients des lacunes de leurs processus de traduction et, par conséquent, du travail qu'ils accomplissent.

Pourquoi un processus de traduction aussi strict est-il nécessaire ?

Tout simplement parce que la traduction est une tâche étonnamment difficile qui implique un traitement mental complexe (comme nous l'avons vu avec selon le type de traduction) et nécessite donc un processus de traduction linguistique robuste. Plus précisément, pour chaque phrase ou section de texte à traduire, le traducteur doit : lire et comprendre le texte source, garder à l'esprit le sens ou le message de ce texte et choisir le vocabulaire voire créer pour les néologismes les plus appropriés dans la langue cible.

vendredi 23 mars 2018

10 idées fausses sur la traduction

Souhaitant voulant être traducteur, Stéphane Demazure vous propose aujourd’hui de découvrir 10 idées fausses sur le secteur de la traduction. En effet, lorsque l’on n’étudie pas dans ce domaine ou que n’on ne connaît pas de traducteur spécialisé, il est facile d’avoir des préjugés sur ce métier qui est bien plus difficile qu’il ne le laisse croire. Retour sur 10 idées clichés sur la traduction proposées par Stéphane Demazure.

Traduire, c’est facile !

Traduire, c’est donner l’équivalent d’un document d’une langue vers une autre. Cela nécessite donc une parfaite compréhension du message, de la terminologie, de l’adaptation ainsi qu’un sens du style, en particulier dans la traduction littéraire dont Stéphane Demazure vous a parlé dans un précédent article (les différents types de traducteurs). Par ailleurs, on ne peut traduire que vers sa langue maternelle ajoute Stéphane Demazure.
On dit qu’il faut 7 ans pour faire un bon analyste financier ; en traduction c’est du même ordre ! Enfin, il y a près de 2 milliards de bilingues dans le monde et environ 250 000 traducteurs. On comprend alors que la maîtrise des langues ne suffit pas à faire un bon traducteur et que non, traduire n’est pas une tâche aisée !

Il suffit d’être bilingue. Faux, nous dit Stéphane Demazure

En effet, comme nous venons de le voir, traduire est un véritable métier qui s’apprend. Être bilingue est une chose, traduire en est une autre. Il ne suffit pas d’être bilingue pour traduire, pas plus qu’il ne suffit de savoir compter pour être comptable. Car, ajoute Stéphane Demazure, parler plusieurs langues ou être doué en langues ne suffit pas pour traduire.

Les traductions sont faîtes par des logiciels

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La traduction automatique et les logiciels d'aide à la traduction sont deux choses bien distinctes, rappelle Stéphane Demazure
Les professionnels de la traduction n’utilisent pas de traduction automatique. En effet, une traduction simplement relue ne fera jamais une bonne traduction. Les outils de traduction assistée par ordinateur (que Stéphane Demazure vous décryptera au cours d’un prochain article) ne sont pas des logiciels de traduction automatique comme Google Traduction par exemple. Ils constituent des aides mais ne remplacent pas le travail du traducteur. Par ailleurs, les traductions professionnelles sont réalisées par des traducteurs de métier, pas par des logiciels ni des étudiants au black ou des professeurs à la retraite.

Les certifications garantissent la qualité de la traduction

Il y a des métiers où la certification est bien entendu une indication du niveau de la qualité d’un fournisseur, d’autres pas, indique Stéphane Demazure. Sachons qu’il existe au moins 3 types de certifications en traduction mais aucune ne garantit le niveau de qualité de la traduction elle-même. En d’autres termes, ce n’est donc pas un label de qualité.

Une traduction professionnelle doit être relue par un tiers

En théorie, cela semble évident. Dans la pratique, cela déresponsabilise le traducteur qui se croit autorisé à livrer un produit semi-fini. Toujours dans la pratique, cela conduit à faire relire par des juniors de mauvaises traductions réalisées par des traducteurs choisis pour leurs prix et non pour leur compétence, explique Stéphane Demazure. Une relecture n’a donc de sens que si elle est réalisée par un traducteur plus sénior, ce qui augmenterait les coûts.

Il faut être avocat pour traduire du juridique etc.

Stéphane Demazure avait abordé les différents types de traduction dont justement la juridique. Et bien sachez que, sans exception, la nécessité d’être avocat pour traduire du juridique (ça n’est qu’un exemple parmi tant d’autres) est impossible et illusoire. C’est impossible étant donnés les différentiels de rémunération entre un avocat, un médecin etc. et un traducteur. Et c’est illusoire car traduire n’est pas une simple affaire de « terminologie métier », il ne suffit pas d’avoir les outils, il faut des années d’expérience.

Il vaut mieux faire la traduction en interne

Sauf exception, indique Stéphane Demazure, c’est une double aberration : économique et stratégique
  • Economique car les coûts cachés ne sont jamais pris en compte
  • Stratégique car il existe infiniment peu d’organisations dans le monde qui soient capables de recruter et de gérer efficacement leurs traducteurs ou interprètes.

Il faut se méfier de tout

Il est vrai que le monde de la traduction est peu connu et qu’ignorance et méfiance vont de pair. Les tests ou références permettent de départager les meilleurs dans votre propre activité ? Demandez-vous si cela est pertinent s’agissant d’une activité différente de la vôtre. Informez-vous sur l’activité et le fonctionnement de votre prestataire, l’image qu’il a de lui-même ou celle qu’il cherche à vous donner, ses points forts, ses points faibles, ses compétences…

Il faut obtenir les meilleurs prix

Réfléchissez aux enjeux de votre traduction, conseille Stéphane Demazure : c’est votre image, votre crédibilité, parfois même votre responsabilité pénale qui est engagée. En effet, seriez-vous prêt à acheter un mauvais produit que vous ne pourriez pas utiliser au seul motif qu’il était soldé ? Ainsi, le prix doit bien être le dernier critère à prendre en considération dans le choix d’un traducteur. Si c’est votre seul critère, vous ferez probablement une dépense inutile et non pas un investissement, affirme Stéphane Demazure.

Big is beautiful

La performance ne se mesure pas au nombre de salariés mais à la qualité des traductions et de la gestion de projet. Saviez-vous que dans le secteur de la traduction, les agences ont en moyenne 3 salariés seulement ?
Sans compter le nombre de traducteurs indépendants ! Faîtes-vous votre propre opinion, et voyez ce qui compte pour vous ou votre organisation, préconise Stéphane Demazure. Pour conclure, libre à vous de penser que tout ce qui précède est faux.
Mais si vous êtes un expert dans votre métier, n’avez-vous jamais constaté que ceux qui ne le connaissent pas ont aussi des idées fausses sur votre domaine ?