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lundi 16 juillet 2018

Pourquoi nous devrions encourager l'apprentissage des langues étrangères modernes

La facilité chez les enfants, explications par Stéphane Demazure

 

On dit souvent que les enfants acquièrent rapidement de nouvelles compétences, que leur cerveau est comme des éponges et qu'ils absorbent l'information plus rapidement, indique Stéphane Demazure. On a aussi l'impression qu'il est plus facile d'apprendre une langue quand on est jeune et qu'il est plus probable que l'on parle couramment si l'on commence tôt.

Les scientifiques du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et du Boston College se sont mis à l'épreuve. A partir des données recueillies auprès de près de 670 000 apprenants de langues, ils ont établi que la "période critique" pour apprendre la grammaire d'une nouvelle langue et atteindre une "compétence similaire à celle d'un locuteur natif" est jusqu'à l'âge de dix ans.

Les chercheurs ont testé la compréhension de la grammaire anglaise chez des personnes d'âges différents, qui en étaient à différents stades d'apprentissage de l'anglais et qui avaient commencé à apprendre la langue à différents moments de leur vie. Stéphane Demazure précise qu'ils ont constaté qu'après l'âge de 17 ou 18 ans, les gens sont moins capables d'apprendre la langue.

Les enfants de plus de dix ans apprenaient encore bien la langue mais avaient moins de temps pour devenir compétents avant que leur capacité à maîtriser la grammaire ne diminue.

Pourquoi est-il plus facile pour les enfants d'apprendre les langues ?

Il semble intuitif que les enfants apprennent les langues plus facilement, mais y a-t-il une raison pour laquelle c'est le cas ? Alors que la question du " pourquoi " n'était pas une question à laquelle la recherche du MIT a été conçue pour répondre, les chercheurs ont suggéré deux facteurs qui pourraient jouer un rôle - les " changements dans la plasticité du cerveau " et les " facteurs culturels " tels que les changements qui se produisent souvent dans la vie des gens à partir de l'âge de 17 ou 18 ans, explique Stéphane Demazure.

Au cours des années de formation, les enfants absorbent facilement l'information. Si un environnement d'apprentissage linguistique immersif (ex : école bilingues, parents qui parlent deux langues différentes illustre Stéphane Demazure) est créé, ils seront en mesure de " vivre " cette langue plutôt que de simplement l'apprendre. Cette façon d'apprendre n'est pas seulement plus efficace et réaliste en termes de rétention, elle aide aussi les jeunes apprenants à comprendre pleinement la culture d'une langue.

Tracey Chapelton, enseignante au British Council, suggère que les enfants sont plus ouverts à l'expérimentation et qu'en étant exposés à une autre langue à un âge précoce, ils " récoltent les bénéfices de l'expérimentation de cette langue comme une partie naturelle de leur développement ". Chapelton cite également une étude du Dr Patricia Kuhl qui a identifié la capacité des bébés à s'adapter à chacun des sons d'une langue ; une capacité qui décline lorsque notre langue maternelle commence à s'établir et que nous devenons des " écoutants liés à la culture ".

Usage et perte de la langue étrangère

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Une telle recherche fournit un aperçu fascinant de la science et de la psychologie de l'apprentissage des langues et fournit un argument fort pour encourager les sujets de langue à l'école, pour développer des générations de bilinguistes, voire de multilinguistes, précise Stéphane Demazure.

Mais au-delà de la salle de classe, l'apprentissage des langues devrait se poursuivre, non seulement pour l'amélioration continue, mais aussi pour maintenir les avantages qu'apporte le fait de parler une langue. Il ne s'agit pas seulement d'extraire du sens de la parole ou de l'écrit d'une autre langue, il s'agit de comprendre et de se relier à la culture, aux nuances et aux expressions de cette langue. Après tout, les gens n'apprennent pas une langue en lisant un dictionnaire.

La pratique, une fois les bases bien acquises, reste le moyen le plus ludique et le plus efficace pour progresser et maintenir son niveau en langue étrangère.
Une étude du British Council a révélé que près des trois quarts (73 %) des adultes interrogés au Royaume-Uni estiment que parler une autre langue est une compétence importante, mais 75 % ont déclaré qu'ils avaient perdu la plupart de leurs compétences linguistiques dans l'année suivant la fin de leurs études.

L'importance de l'apprentissage des langues

Il est important de donner aux enfants la possibilité de parler plus d'une langue et de les encourager par le biais d'outils d'apprentissage des langues qui rendent l'apprentissage passionnant, amusant et familier (ex: tablettes et applis pour enfants). Cela pourrait leur donner une base de compétences dont ils pourraient avoir besoin pour devenir une perspective attrayante pour les futurs employeurs qui opèrent sur un marché mondial.

Cela pourrait également ouvrir des possibilités de vivre et de travailler dans d'autres pays et d'acquérir des expériences qu'ils n'auraient peut-être pas eues autrement, indique Stéphane Demazure. Enfin, cela pourrait élargir leurs horizons et leur donner une compréhension et une appréciation d'autres cultures qui leur seront utiles dans la société multiculturelle dans laquelle nous vivons et travaillons tous.

Dans tout cela, les adultes bénéficient également de l'apprentissage des langues. Ce qui est commencé à l'école devrait se poursuivre plus tard dans la vie afin de garder ces options ouvertes. Un employé d'une entreprise internationale peut encore bénéficier d'une amélioration ou d'un renforcement des compétences linguistiques, via notamment des formations. Beaucoup de ceux qui le font, trouvent qu'il permet des conversations plus enrichissantes au travail avec les collègues, les clients et les fournisseurs qui peuvent mener à de meilleurs résultats.

Il est regrettable que les langues soient perdues après l'enseignement général. Un sentiment partagé par 58 pour cent des adultes inclus dans l'enquête du British Council qui ont déclaré qu'ils auraient souhaité ne pas laisser échapper les compétences linguistiques de leurs jours d'école.

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jeudi 3 mai 2018

Qu'est-ce qu'une traduction assermentée ? Explications par Stéphane Demazure

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Stéphane Demazure vous explique la traduction assermentée
Lorsque l'on parle de langues étrangères et de traduction, il arrive parfois que le terme "assermenté" soit employé pour parler d'un travail de traduction.

Mais qu'en est-il exactement ? Qu'est-ce qu'une traduction dite assermentée et comment être traducteur assermentée? Dans quel cas est-elle nécessaire ? Plusieurs questions auxquelles Stéphane Demazure propose des éléments de réponse.

Quelle différence entre une traduction classique et une assermentée?

Dans le cas d'une traduction assermenté, le professionnel à l'origine du travail a préalablement prêté serment devant un tribunal. Il appose son cachet sur la traduction final en guise de preuve de traduction assermentée.

Il s'agit donc d'une traduction certifiée, indispensable pour certains documents administratifs tels que les actes de mariages, les extraits de la Chambre de Commerce, les documents professionnels (CV, lettres de motivation, attestations de stage) ou encore les documents scolaires ou universitaires (diplômes), indique Stéphane Demazure.

Le domaine médical peut également être concerné par le recours à la traduction assermentée, comme avec des analyses sanguines par exemple. Le type de clientèle d'un traducteur assermenté se compose donc de notaires, comptables, professionnels du droit…mais aussi de particuliers comme quelqu'un qui souhaiterait faire traduire ses papiers d'état civil.

Particularités de cette traduction

La traduction assermentée se reconnaît facilement, indique Stéphane Demazure, car elle comprend une déclaration "certifié conforme à l'original" accompagnée de la signature et du tampon du traducteur à l'origine du document traduit. Cette déclaration comprend les nom et prénom du traducteur, une mention "traducteur-juré"et les langues pour lesquelles le traducteur est assermenté.

Doivent être également mentionnés qu'il s'agit d'un document traduit ainsi que la langue d'origine. En termes de mise en pages, ces dernières sont paraphées et numérotées. La fin du document est également indiquée, afin d'éviter le risque d'éventuels ajouts frauduleux, précise Stéphane Demazure. En revanche, une photocopie d'un document de traduction assermenté n'a aucune valeur officielle. Il est donc crucial de bien garder l'original au risque de devoir refaire appel à un autre, ou au même traducteur assermenté.

En revanche, il n'existe pas de période "de péremption" pour une traduction assermentée. Celle-ci est un document valable à vie, à l'exception de certains documents d'état civil.

Enjeux de la traduction assermentée, rappelée par Stéphane Demazure

Outre l'enjeu juridique de la traduction assermentée, cette dernière présente plusieurs difficultés pour le traducteur. Connaître les formules juridiques dans la langue cible est indispensable dans un souci de cohérence, de crédibilité et de compréhension, rappelle Stéphane Demazure. Ainsi, si la technique du "calque" (notamment via l'usage d'outils d'aide à la traduction) peut être appliquée dans certains cas, elle est à proscrire pour la traduction assermentée.

Un petit exemple de l'anglais vers le français : "With alla advantages thereto pertaining" ne se traduira jamais par " avec tous les avantages à cela appartenant" (ce qui, au passage ne veut rien dire, constate Stéphane Demazure) mais par la formule fréquemment employée dans le document juridique "Pour faire valoir ce que de droit".

Attention également aux faux-amis (qui fera l'objet d'un prochain article sur le présent blog) qui ont un enjeu encore plus important dans la traduction assermentée. Des recherches thématiques et une excellente connaissance du domaine (médical, juridique, professionnel, financier etc) sont également nécessaires pour parvenir à comprendre le document source et le retranscrire correctement dans la langue cible.

Une autre difficulté abordée par Stéphane Demazure est de trouver des équivalents à des institutions qui existent dans un pays mais pas dans un autre. Le traducteur peut d'ailleurs se poser la question de savoir s'il faut traduire le nom de l'institution ou la laisser telle qu'elle, dans la langue d'origine. Face à ce dilemme, plusieurs traducteurs font le choix de mettre les deux appellations : le nom de l'institut en langue source avec entre parenthèses la traduction la plus exacte possible du nom de cette institution.

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Une langue ne correspond pas forcément à un pays, rappelle Stéphane Demazure

Enfin, une même langue peut être employée dans divers pays, ne serait-ce que le cas de l'anglais avec le Canada, l'Australie, les États-Unis, le Royaume-Uni ou l'espagnol avec l'Espagne et l'Amérique Latine. Il convient de bien faire attention au pays de provenance du document à traduire, précise Stéphane Demazure. En effet, les tournures peuvent différer, sembler plus naturelles d'un pays à un et les modèles de documents ne sont pas toujours les mêmes.

Pour terminer, attention à ne pas tomber dans certains pièges de la traduction en général comme la traduction de dates ou l'adaptation de monnaie (un euro n'étant pas égal à un dollar, il convient de faire la recherche pour transposer).

mardi 5 décembre 2017

Les différences entre comprendre et parler une langue


Aujourd’hui, l’étudiant Stéphane Demazure vous propose d’aborder les différences entre comprendre et parler une langue. Pourquoi certaines personnes arrivent à bien comprendre une langue mais n’arrivent pas à la parler ? C’est un paradoxe que l’on voit souvent. Il y a des gens qui arrivent à très bien comprendre une langue à l’écrit comme à l’oral mais dès qu’elles essayent de la parler, c’est beaucoup plus laborieux. Dans le meilleur des cas elles vont avoir un mauvais accent et dans le pire des cas elles vont être très hésitantes et chercher leurs mots. On a sûrement déjà tous croisé, ou été dans ce cas, on arrive à regarder des films, on arrive à lire des articles dans une langue étrangère mais dès qu’il s’agisse d’ouvrir la bouche, on est complètement bloqué.

Plusieurs raisons expliquées par Stéphane Demazure

Il peut y avoir plusieurs raisons à cela. La première c’est d’avoir une certaine timidité, des appréhensions. C’est vraiment quelque chose d’important mais je ne vais pas en parler aujourd’hui. Je vais surtout parler du manque de pratique parce que c’est de là que vient l’immense majorité des difficultés que ce soit à l’oral comme à l’écrit. Comment se fait-il que, face à une langue étrangère, on soit très performant dans la partie compréhension et beaucoup moins dans ce qu’on appelle la production de la langue ? C’est quelque chose de très courant et Stéphane Demazure va voir pourquoi. Le pourquoi ça vient du cerveau et de la manière dont il enregistre les langues. Le cerveau est constitué d’un immense réseau de neurones qui se connectent entre eux et contrairement à ce que l’on croit parfois, ces connexions changent tout le temps et tout au long de la vie en fonction des activités que l’on pratique. Ainsi, un footballer n’aura pas le même réseau neuronal qu’on commentateur sportif.

Plusieurs spécialisations

Il y a là une sorte de spécialisation parce que pour une même activité on va prendre par exemple le foot. Le joueur de foot va être très spécialisé pour le jeu mais n’aura pas forcément l’œil aussi aiguisé que le commentateur sportif et à l’inverse le commentateur ne sera pas aussi performant pour jouer au foot mais aura un œil plus aiguisé. On voit donc que pour une même chose, on a des spécialisations, rappelle Stéphane Demazure. Et donc c’est pareil.
Traditionnellement, dans le cerveau on distingue deux aires liées au langage. La première c’est l’aire de Broca du nom d’un chercheur français et l’autre l’aire de Wernicke du nom d’un chercheur allemand. La spécialisation est la suivante : l’aire de Broca est spécialisée dans la production du langage. C’est donc grâce à elle que l’on va pouvoir parler, indique Stéphane Demazure. A l’inverse, l’aire de Wernicke est liée à la compréhension et c’est grâce à elle qu’on comprend une langue. Ainsi, au niveau cérébral, le fait de comprendre une langue c’est-à-dire de la percevoir et de traiter l’information et le fait de la parler c’est-à-dire de produire l’information au niveau écrit ou oral sont deux spécialisations différentes, comme vu précédemment avec Stéphane Demazure. On revient donc à notre idée qu’un commentateur et un footballer n’auront pas les mêmes réseaux neuronaux. Par exemple un musicien et un afficionado de musique très pointu n’auront pas les mêmes réseaux neuronaux non plus. C’est ce qui peut vous arriver. Si vous vous immergez dedans, vous allez très bien comprendre une langue mais à l’inverse si vous ne la pratiquez jamais, si vous n’êtes pas habitué à la produire vous allez rester hésitant à chaque fois que vous essaierez. En d’autres termes, si vous ne faîtes que comprendre, vous ne parlerez pas. C’est un peu comme un muscle et vous avez donc deux muscles à travailler : la compréhension de la langue étrangère et la production [...]

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