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vendredi 1 juin 2018

Peut-on apprendre plusieurs langues à la fois ?


Vous êtes passionné de langues étrangères et/ou étudiant dans ce domaine ? Vous avez alors sûrement l'ambition de connaître, en plus de votre langue natale, plusieurs autres langues. Stéphane Demazure aborde aujourd'hui une question que certains se sont peut-être déjà posée : est-il possible d'apprendre plusieurs langues étrangères en même temps?

Pourquoi apprendre deux langues à la fois

Pour certains, c'est une question de gain de temps. Pour d'autre, c'est un challenge linguistique et pédagogique à relever, indique Stéphane Demazure.
Dans tous les cas, il existe plusieurs raisons qui peuvent inciter quelqu'un à vouloir apprendre deux ou trois langues à la fois. L'amour de l'apprentissage des langues est également un bon argument pour vouloir se lancer dans cette démarche un peu insolite.

Qui peut apprendre plusieurs langues à la fois ?

Si vous êtes débutant

Si vous apprenez une langue étrangère pour la première fois (généralement, l'anglais) ou que vous vous y remettez après une longue période d'absence, Stéphane Demazure ne recommande pas d'essayer d'en apprendre plusieurs à la fois. Toutefois, rien ne vous empêche de tenter l'expérience !

Chacun est différent et possède des moyens différents d'apprentissage. Toutefois, sachez que la tâche s'avèrera plus ardue et qu'il est vivement conseillé de ne s'atteler qu'à la première langue étrangère pour la maîtriser. En effet, les structures mentales linguistiques sont plus fragiles que chez les personnes bilingues.
Le TOEFL, une référence rappelle Stéphane Demazure


Par ailleurs, si vous préparez un concours comme le TOEFL pour l'anglais ou un examen universitaire, ne vous lancez pas dans une autre langue en parallèle ! Stéphane Demazure vous conseille de consacrer tout votre temps libre et votre motivation à l'anglais (dans notre exemple) afin de réussir le concours haut la main. De même, si vous avez déjà appris des langues mais que vous avez oublié une bonne partie, il est conseillé de reprendre avant de se lancer dans l'expérience d'un apprentissage multi-linguistique.

Si vous connaissez déjà plusieurs langues

Il est souvent énoncé que connaître déjà une ou deux langues peut aider à en apprendre d'autres, ce qui est en grande partie vrai, confirme Stéphane Demazure. En effet, votre cerveau étant élastique, il arrive à intégrer comment mémoriser du vocabulaire, s'adapter aux différentes prononciations, retenir les règles de grammaire etc. Pour autant ne croyez pas que vous apprendrez une nouvelle langue en un claquement de doigts, surtout si vous en étudiez plusieurs à la fois. Voyons maintenant quelques conseils à suivre si vous souhaitez apprendre plusieurs langues à la fois :

La marche à suivre, conseils de Stéphane Demazure

L'un des premiers conseils prodigués par Stéphane Demazure est le suivant : ne pas apprendre deux langues trop proches. Exemple : évitez d'apprendre l'espagnol et l'italien ou l'allemand et le néerlandais ensemble. En revanche, pourquoi pas l'allemand et l'espagnol? Tout simplement pour éviter de confondre la syntaxe et surtout le vocabulaire des deux langues. Cependant, sachez que l'on peut malheureusement également mélanger deux langues radicalement différentes ! Pour autant, cela n'est pas dramatique, vous rassure Stéphane Demazure.
Il ne s'agit que d'une question de temps et d'apprentissage. Plus vous apprendrez, au moins vous confondrez ; en d'autres termes, c'est surtout le début de l'apprentissage qui peut laisser libre cours à la confusion.

Le deuxième conseil est consacré à la mémorisation : pour ne pas oublier (puisque vous aurez moins de temps à consacrer à chacune des langues individuellement parlant), il est crucial de pratiquer le plus régulièrement possible, précise Stéphane Demazure. Inutile donc de faire 4h d'allemand le lundi puis plus rien jusqu'au samedi. Mieux vaut faire une heure chaque jour avec une journée de pause pour laisser au cerveau le temps d'assimiler et de se reposer entre plusieurs séances ! Par ailleurs, l'oubli n'est pas forcément une fatalité : on peut oublier quelques bribes d'une langue, mais cela revient vite. Il suffit de se remettre à pratiquer, d'écouter des films ou la radio, des lire des livres ou magasines…et par exemple certains mots ou tournures de phrases vous reviendront en tête une fois contextualisés, comme l'indique Stéphane Demazure.

Au niveau organisationnel, libre à vous de vous structurer dans votre apprentissage. Certains préfèrent pratiquer la langue 1 le matin et la deuxième le soir. D'autres préfèrent tout étudier en même temps en s'accordant "le moment linguistique de la journée" indique Stéphane Demazure. Bien entendu, selon votre langue maternelle ou celle que vous connaissez déjà, l'une ou l'autre des langues pourra vous sembler plus simple à intégrer. Dans ce cas n'hésitez pas à consacrer davantage de temps à celle qui vous pose le plus de difficulté afin d'équilibrer votre apprentissage, conseille Stéphane Demazure.

Enfin, une dernière astuce : essayer d'apprendre des langues que vous êtes sûr de pratiquer à l'avenir que cela soit au cours de voyages, d'études ou de marché du travail. Vous serez ainsi certain de ne pas avoir à continuer à l'apprendre durement en continu et pouvoir pratiquer ce que vous acquerrez au fur et à mesure. Vous pouvez par exemple choisir la langue d'un pays proche au votre (espagnol ou allemand pour la France, coréen ou chinois pour le Japon, polonais pour l'Allemagne…), si vous avez un ami/compagnon/compagne natif de la langue ou si vous vous intéressez fortement à la culture d'un ou plusieurs pays en particulier.

mercredi 25 avril 2018

Le processus de traduction en 5 étapes

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Les étapes de la traduction présentées par Stéphane Demazure

Usuellement, les traducteurs (indépendants comme en agence) procèdent via différentes étapes, et plus précisément 5 étapes afin de réaliser une traduction. En effet, ils savent que s'ils ne respectent pas plusieurs étapes méthodiques, leurs traductions ne seront pas toujours à la hauteur. Stéphane Demazure vous propose de découvrir ces 5 étapes de la traduction :

Pourquoi procéder par étapes ?

Le fait est que la traduction est une tâche exigeante sur le plan mental (toujours viser la haute qualité), voire même un défi suivant le type de traduction à réaliser. Si exigeant qu'un processus de traduction complet et discipliné est nécessaire pour bien le réaliser. Voilà pourquoi, rappelle Stéphane Demazure, les 5 étapes du processus de traduction sont nécessaires pour parvenir à un résultat satisfaisant et pour le traducteur et pour le client final.

Première étape : l'aperçu

La première étape consiste à délimiter le texte à traduire. C'est-à-dire, le sujet et le contenu, sa longueur, le style de rédaction, s'il est technique, les différentes sections, etc. Le traducteur lit ou écréme des parties du texte pour se faire une idée du contenu.
Il peut noter les concepts ou la terminologie clés qui devront faire l'objet d'une recherche et décider s'il est nécessaire de faire des lectures préliminaires. Parfois, les traductions des termes clés seront recherchées et résolues avant de commencer la traduction.

Deuxième étape : la traduction initiale

Au cours de cette étape, le document est systématiquement traduit, généralement en morceaux de 5 à 10 mots à la fois. Stéphane Demazure souligne qu'il est important de choisir la longueur appropriée des morceaux de texte individuels à traiter.

Idéalement, chaque morceau sera une unité de signification discrète et complète. Mais il doit aussi être assez court pour être retenu dans la mémoire à court terme, et tout ce qui dépasse 10 mots peut s'avérer difficile à mémoriser.

Les phrases sont souvent plus longues que cela, de sorte qu'elles sont généralement décomposées en unités plus courtes. Travailler avec des morceaux trop courts ou des unités de signification non discrètes tend à produire une traduction non naturelle et potentiellement peu claire, alors que des morceaux trop longs pour être facilement mémorisables risquent d'être oubliés dans la traduction. Il faut donc trouver un juste milieu lorsque l'on décompose le texte, ce qui n'est pas toujours simple !

Troisième étape : la vérification de la précision

Une fois la première ébauche terminée, le traducteur travaillera méthodiquement à travers sa traduction en comparant chaque morceau de texte avec le texte original (appelé "texte source" rappelle Stéphane Demazure).

Le but premier ici est de confirmer qu'aucun contenu n'a été oublié et qu'aucune signification n'a été mal interprétée (le contre-sens étant l'un des pires ennemis du traducteur). La plupart des traducteurs identifieront et amélioreront également toute formulation légèrement artificielle ou inélégante à cette étape.
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Quatrième étape : se dégager l'eprit

Cette étape présentée par Stéphane Demazure est très simple : mettre la traduction de côté et faire une pause. Idéalement, cela devrait durer quelques heures voire même toute la nuit. L'idée est purement d'éclaircir l'esprit pour assurer une cinquième et dernière étape plus efficace.

Cinquième étape : la relecture finale

Dans l'étape finale, le traducteur relit la traduction, cette fois sans référence au document source, en regardant uniquement la qualité de l'expression. Il n'est ainsi pas influencé par la grammaire ou les éventuels faux-amis de la langue source.
Le traducteur se concentre sur le texte traduit dans la langue cible afin de s'assurer qu'il ne ressemble pas à une traduction mais à un texte "normal". Les révisions finales seront effectuées pour affiner et "peaufiner" le texte traduit.

Est-ce que tous les traducteurs suivent ce processus ? Réponse par Stéphane Demazure

Soyons honnêtes : En un mot, non.

Les traducteurs professionnels apprennent cette méthodologie en 5 étapes dans le cadre de leurs études supérieures de traduction. Fondamentalement, sans cette formation formelle en traduction (comme la suit Stéphane Demazure dans le cadre de ses études), il est peu probable que quelqu'un adopterait instinctivement ces étapes ou en comprendrait le besoin.

Il n'est donc pas surprenant que des traducteurs non formés utilisent fréquemment des processus qui non seulement ne sont pas les meilleures pratiques, mais qui ne sont pas suffisamment robustes et fiables pour surmonter les difficultés inhérentes au processus de traduction.
 Ils sont souvent parfaitement inconscients des lacunes de leurs processus de traduction et, par conséquent, du travail qu'ils accomplissent.

Pourquoi un processus de traduction aussi strict est-il nécessaire ?

Tout simplement parce que la traduction est une tâche étonnamment difficile qui implique un traitement mental complexe (comme nous l'avons vu avec selon le type de traduction) et nécessite donc un processus de traduction linguistique robuste. Plus précisément, pour chaque phrase ou section de texte à traduire, le traducteur doit : lire et comprendre le texte source, garder à l'esprit le sens ou le message de ce texte et choisir le vocabulaire voire créer pour les néologismes les plus appropriés dans la langue cible.

jeudi 12 octobre 2017

Différences entre interprétariat et traduction


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Aujourd’hui, Stéphane Demazure va vous parler des différences entre interprétariat et traduction, deux notions que l’on a souvent tendance à confondre. Les métiers de la traduction sont des métiers qui sont écrits, nous rappelle Christelle Reille, Chargée de communication à l’ISIT, tandis que l’interprétation de conférence est à l’oral. La distinction est simple au départ, c’est que l’interprète va retraduire la pensée de quelqu’un d’autre à l’oral alors que le traducteur va le faire à l’écrit.

Un marché dominé par les logiciels destinés à la traduction et l’interprétariat ?

Quelles places occupent les diplômés aujourd’hui et pourquoi avoir recours à un traducteur ou un interprète ? Christelle Reille : dans tous les métiers concernant la traduction vont aller aussi bien au niveau des logiciels, on va avoir besoin de terminologues . La technologie ne remplace pas l’humain car c’est justement grâce aux diplômés qu’il va pouvoir y avoir cette technologie. Cette technologie va être faîte par des traducteurs. Elle ne peut pas exister sans traducteurs de haut niveau.

Pourquoi est-il nécessaire d’être Bac+5 pour exercer dans le métier ?

Durant les trois premières années, les étudiants vont se parfaire dans leur connaissance linguistique, rappelle Stéphane Demazure. Il faut effectivement avoir un excellent niveau de langue, de français et de langues étrangères, améliorer son niveau et devenir des experts linguistiques ce qui va permettre durant le Master de se spécialiser soit vers la traduction soit vers l’interprétariat qui est un autre Master avec une spécialisation qui emmène vers tous les métiers de l’interprète à l’oral dans les grandes organisations internationales, soit en interprétation de liaison en petit comité. Les interprètes vont travailler soit en cabines soit par exemple à l’Élysée pour une conférence.

Des prérequis en langue particuliers

Pour l’interprète de conférence, indépendamment du niveau de langue, un niveau de culture générale très élevé est demandé puisque la personne doit pouvoir être capable de s’exprimer sur tous les sujets auxquels elle va être confrontée soit en cabine soit lors d’une conférence internationale à l’ONU, à l’UNESCO ou autre, soit dans le cadre d’une interprétation privée. Il faut donc que la personne soit capable de par sa culture générale et ses compétences linguistiques de s’exprimer et de pouvoir retraduire la pensée de l’un et de l’autre de façon spontanée, indique Stéphane Demazure. Les diplômes requis pour ces spécialisations en interprétation de conférence vont être d’abord un bac+3 et un minimum de 12 mois passés, vécus à l’étranger, dans un des pays avec lesquels la personne souhaite travailler. Pour les masters en traduction, il faut effectivement avoir comme prérequis un bon niveau de français, un bon niveau dans les langues vivantes enseignées à l’école qui sont de façon obligatoire l’anglais, l’espagnol, l’allemand, l’italien ou le chinois dans le cas de l'ISIT.

Stéphane Demazure